Ou comment dans « déchets verts », le terme déchet est très mal approprié
Ce qu’on appelle communément les déchets verts est tout ce qui reste par terre après une taille, un rabattage, et, à moindre mesure, une tonte, et qui est considéré comme indésirable. Et qui dit indésirable dit évacuation. En effet, ce qu’on fait généralement c’est d’évacuer tous ces « déchets » vers une déchetterie ou une plateforme de compostage. C’est malgré tout un moindre mal (plutôt que de les brûler par exemple), car en général ils sont broyés, compostés et réutilisés en agriculture.
Cependant, ces « déchets » peuvent aussi être réutilisés au jardin directement. Car le plus important ici à comprendre est que ces déchets sont en réalité de la matière organique (MO), qui représente de la nourriture pour toute la chaine alimentaire de la vie du sol, et ne sont donc en aucun cas des déchets mais bel et bien des nutriments.
Plusieurs solutions existent pour les réutiliser au jardin directement, (ici quelques-unes) :
- Haies sèches : empiler des branches entre des piliers de bois, qui viendront se décomposer petit à petit et qui créent au passage un brise vue et un refuge pour beaucoup de micro et méso faune.

- Compost : entasser, dans un bac ou non, les « déchets » à un endroit du jardin pour qu’ils se compostent. Fonctionne bien avec du feuillu ou du jeune bois, moins avec du ligneux (bois formé).
- Broyage et épandage du broyat : broyer les « déchets » et ainsi faciliter la décomposition de ceux-ci en MO assimilable et l’épandre sur les massifs existants, les allées du potager, s’en servir comme litière,… (fonctionne bien pour la MO ligneuse)
- Laisser sur place, tout simplement, même si cela fonctionne surtout pour les matières herbacées et feuillus. La tonte est bien sûr très souvent laissée sur place, mais on peut penser par exemple à des petits branchages et feuilles de taille de haies ou massifs, qui peuvent aisément se remettre sous la haie ou bien en paillage des massifs, et se décomposer sur place, en donnant à manger finalement à ces mêmes végétaux qui les ont produits, ainsi qu’à toute la vie du sol autour.
Il ne faut pas oublier que les végétaux puisent dans le sol les nutriments qu’ils ont besoin pour se développer, et donc qu’à chaque fois que l’on coupe une partie d’un végétal, quel qu’il soit, et que nous évacuons ce que nous venons de couper, nous « volons » des nutriments au sol. Il est logique qu’à force de tailler sans rien apporter d’autre dans les sol de nos jardins, les végétaux commencent à épuiser ces sols de leurs nutriments, et donc à mourir lentement de faim par la même occasion. Le fait de recycler la MO directement sur le jardin évite en partie ce genre de problématique (ou de devoir apporter de l’engrais extérieur par exemple). Cela favorise aussi la vie du sol, indispensable pour un développement sain des végétaux.



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