Ou comment ne pas commettre systématiquement un écocide et une destruction des sols.

Nous avons besoin de tondre, pour maintes raisons qui sont valides : besoin de terrain pour des activités diverses, passage agréable, lutter contre les tiques, lutter contre de potentiels incendies (pour les parcelles proches des forêts à risque),…
Cependant, rien ne nous empêche de laisser des zones sauvages libres de tonte, où l’on ne viendrait jamais tondre, ou au pire faucher une fois à l’année. Si possible, la plus étendue possible. En effet, de nombreuses parties du jardin ne sont que très peu utilisées, donc autant qu’elles servent à maintenir un minimum de vie.
Ces zones, en contraste avec les parties tondues, seront très esthétiques et surtout seront un refuge de biodiversité et de fraicheur où :
- De très nombreux insectes pourront vivre et se reproduire tranquillement, parmis eux de nombreux auxiliaires pour le jardinier mais aussi très utiles pour l’équilibre général des écosystèmes.
- Beaucoup de plantes endémiques pourront connaître un cycle entier et ainsi se développer correctement. Elles participent aussi largement à l’équilibre des écosystèmes et sont utiles voire indispensables aux pollinisateurs qu’on chérit tant apparemment (le lierre par exemple est une des seules plantes qui fournit de la nourriture aux abeilles en fin d’hiver, ou encore l’ortie qui est une des seules voire la seule plante hôte de plusieurs papillons,…).
- A contrario, certaines plantes invasives ne gagneront pas du terrain (ambroisie, renouée du Japon,…).
- L’eau sera captée et stockée en plus grande quantité par les plantes, les racines, la micro faune, la matière organique accumulée, etc. (le cycle de l’eau en sera donc ralenti, pour le plus grand bonheur de tous).
- Les températures y seront plus stables au sol et ne deviendront pas intolérables en été (si ce n’est brûlés).
- Les sols seront par la même occasion moins érodés
On ne peut citer tous les avantages d’une telle pratique, même sur de très petites zones et/ou de manière progressive, et tous les cercles virtueux que cela engage.



En observant tout simplement les sols tondus à ras en juillet/août, il ne faut pas un doctorat en agronomie pour comprendre que plus rien n’y vit. « Faire propre » étant le mot d’ordre général sans vraiment qu’il y ait de raisons scientifiques à cela. C’est un dogme esthétique, qui a certes des avantages, mais qui peut être modifiable. Pas comme la mort.
Nous proposons donc de tondre de manière raisonnable, c’est à dire (lorsque c’est possible pour vous et validé), de mettre en œuvre en partie ou en totalité ces pratiques :
- Espacer les tontes au maximum
- Tondre moins court à chaque passage
- Laisser des zones sauvages libres de tonte (venir faucher une à deux fois à l’année, voire jamais si c’est possible)
Plutôt que de détruire, nous pouvons aussi aller encore plus loin dans ce processus d’épanouissement du vivant, en proposant de planter des vivaces locales dans ces zones sauvages, voire des petits arbustes, qui viendront apporter leur soutien (ombrage, synergie racinaire et par rapport à l’évapotranspiration,…) ainsi que de la verticalité à ces zones.



Répondre à « Entretenir » en éco-paysage ? – La zone du dehors éco-paysage Annuler la réponse.